Je me rappelle de ces livres que j'ai reçu en un bloc. Ce jour-là, j'ai été prise d'une irrésistible envie de prendre mesjambes à mon cou.
Je me rappelle de ce jour noir, où, les larmes aux yeux, j'ai bien failli tout lacher. Ce jour où j'ai douter, ce jour où j'étais à deux doigts de choisir la facilité.
Je me rappelle de ce texto, celui qui me rappelait mes rêves, celui qui me rappelait que je n'avais pas le droit d'abandonner, pas moi qui répète tout le temps que, quand on veut, on peut, celui qui me disait que je pouvais le faire "T'es une battante non ?"
Je me rappelle de ce papier, ce papier qui me rappelait que j'étais la meilleure avec tous ces n°1.
Je me rappelle de ce cours de philo sur le bonheur. La prof nous avait demandé d'écrire sur un bout de papier ce que c'était pour nous, le bonheur. J'avais écrit : "Etre fière de ce que l'on fait et de ce que l'on est".
Je me rappelle de ce jour où j'ai vu ces chiffres, ce 19..29, sans vraiment y croire, toutes ce étoiles dans mes yeux, la surprise dans les prunelles des autres.
Je me rappelle de cette station service et de ce coup de téléphone de mon père.
Je me rappelle de ce mot "Admise".
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre."




